“Venez proclamer la gloire du Seigneur, courbez-vous jusqu’à terre devant Lui, quand Il manifeste qu’Il est Dieu.” Ps 29. 1-2
Le psaume 29 tout entier est une ode à la puissance et à la gloire de Dieu manifestées à travers les éléments naturels, tels que les orages, avec les éclairs et le tonnerre. “Une ode à l’orage” a dit Mark Batterson, qui ajoute qu’environ 2000 orages accompagnés d’éclairs et de coups de tonnerre éclatent sur la terre à un instant donné. Avec pas moins de 8,64 millions d’éclairs par jour ! Nikola Tesla était un prodigieux inventeur américain d’origine serbe du début du XXème siècle, dont le nom a été choisi par Elon Musk pour baptiser ses voitures électriques, et ainsi honorer sa mémoire. C’était un excentrique qui suivait un rituel particulier : lorsqu’un orage éclatait près de chez lui, il s’asseyait à une fenêtre et chaque fois qu’un éclair éclairait le ciel, il se levait et applaudissait Dieu, un petit génie applaudissant un grand Génie, le Créateur ! Quand vous êtes-vous levé pour applaudir le Créateur devant la beauté d’un ciel parsemé d’étoiles, ou d’un paysage de montagnes aux couleurs de l’automne ou de la danse des flocons de neige à travers un paysage d’hiver ? Le neurologiste Oliver Sacks a écrit un livre “The island of the color blind” (publié en France sous le titre “l’ile en noir et blanc”) à propos d’un minuscule atoll de trois iles dans le Pacifique connu sous le nom de Pingelap, dont le point culminant est d’environ 3 m au-dessus de la mer. En 1775 un typhon balaya l’atoll détruisant toute végétation et tuant 90% des habitants. La génération suivante, issue des vingt survivants développa une particularité génétique rare : une personne sur douze était achromates, c’était-à-dire ne pouvait pas distinguer les couleurs. Une malformation génétique était la cause de cette déformation. L’ironie c’est qu’il y a peu d’endroits sur terre à la végétation plus luxuriante et colorée que cette île. Beaucoup d’entre nous sont aveugles aux couleurs et à la beauté du monde naturel qui nous entoure. De même nous ne remarquons pas les menus miracles qui ont lieu chaque jour dans notre vie, et ainsi nous oublions de louer et d’adorer notre créateur. Réapprenons donc à être émerveillés !
Soyez émerveillé ! (1)“Dieu vit alors tout ce qu’Il avait fait, et voici : c’était très bon” Gn 1. 31
Léonard da Vinci a écrit que la personne ordinaire ”regarde sans voir, entend sans écouter, touche sans ressentir la moindre sensation, mange sans apprécier le goût, respire sans être conscient des odeurs ou parfums et parle sans réfléchir” ! Etes-vous émerveillé par la beauté et la complexité de la création ! Dieu est un artiste, et Il s’est écrié, à la fin des six jours de création : “c’était très bon” , tel un artiste le jour du vernissage de son œuvre, qui apprécie à sa juste valeur l’œuvre qu’Il a créée. Ce sentiment d’émerveillement était naturel pour Dieu, devant la splendeur de ce qu’Il venait d’achever. Ressentez-vous le même sentiment d’émerveillement devant un coucher de soleil sur l’océan, ou arrivé au somment d’une montagne devant le panorama qui se déroule sous vos yeux ? L’émerveillement est une forme d’adoration à Dieu, et en même temps l’expression de notre amour pour Lui autant que notre admiration sans bornes. Si vous avez perdu votre sens de l’émerveillement vous avez perdu un élément essentiel de votre âme. Vous ressemblez à l’homme ordinaire décrit par Vinci ! L’émerveillement dépasse la théologie et la logique, il est la réaction que nous devrions avoir devant toute expression de la gloire de Dieu. Jésus nous invite à aimer Dieu de tout notre cœur, de toute notre âme, de toute notre pensée et de toute notre force (Mc 12. 30). L’émerveillement participe à cette adoration de toute notre âme. Et souvent ce sentiment se traduit par un profond silence devant la beauté incroyable de la création. Similaire au silence d’une demi-heure que nous lisons s’installer juste après l’ouverture du septième sceau par l’Agneau (Ap 8. 1). Trop souvent nous ne réfléchissons même pas au ballet de la terre, tournant sur son axe à la vitesse étourdissante de 107 219 km/h. Quant à la voie lactée dans laquelle se trouve notre terre et le soleil, elle se déplace à la vitesse de 630km/s. Aussi, depuis que vous avez commencé à lire ce message, vous avez parcouru sans le savoir près de 40.000km. N’êtes vous pas émerveillé devant le génie du créateur ?
L’étape de l’œil !“Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils Le reconnurent.” Lc 24. 31
Les deux hommes qui vont de Jérusalem à Emmaüs n’arriveront jamais à destination. Ils vont faire volte-face, demi-tour, pratiquement se convertir, en retournant à Jérusalem. Pourquoi ? Parce que sur leur chemin de détresse – quasiment leur fuite – ils vont cheminer et revisiter leur vécu. Ils ne se sont pas enfermés dans un mutisme mortifère. Ils se sont parlé et ils ont osé exprimer leur désespoir. Alors, Jésus qui les accompagnait incognito, leur parle à son tour et leur explique tout ce qui concerne la venue du Messie inscrite dans le plan de Dieu depuis l’époque de Moïse. Fascinés par ce que Jésus leur révèle, les deux hommes L’invitent à s’arrêter avec eux dans une auberge, tandis que la nuit tombe. Lorsque le trio est à table, Jésus prend l’initiative de bénir le pain qu’Il fractionne. “Alors leurs yeux s’ouvrirent et ils Le reconnurent, mais Lui, Il disparut de devant eux !” Après l’étape de la langue, puis celle de l’oreille, voici celle de l’œil. Les témoins sont passés de l’obscurité à la clarté diffuse de l’écoute pour en arriver à la vue éblouissante. Le point d’arrivée de leur cheminement était donc la fraction du pain. Ce geste simple est pourtant lourd de sens : “Le Christ ne devait-il pas souffrir de la sorte” avait rappelé Jésus quelques heures plus tôt ? Ce pain rompu pour vous ! Faites ceci en mémoire de Moi ! Les disciples voient le geste qui ouvre enfin l’intelligence obscurcie. Mais pour voir, il fallait laisser de la place à l’écoute de la vraie parole. Dès lors, ils sont prêts pour découvrir ce qui est caché, mais qui change tout. “Notre cœur ne brûlait-il pas lorsqu’Il nous expliquait les Écritures ?” Alors, sans plus attendre et malgré la nuit extérieure, ils s’en retournent pour dire à qui ne le sait pas encore, que le Christ est vivant. Descendez-vous à Emmaüs ou montez-vous à Jérusalem ?
